Les six tendances du tourisme pour 2026
Découvrez les nouvelles tendances 2026
Emilie Penazzi
1/4/20265 min read


Du durable au régénératif : le Québec à l’heure des territoires « net positifs »
Après une décennie dominée par les labels verts et les bonnes pratiques environnementales, une nouvelle approche grandit dans le monde du voyage vert : régénérer plutôt que compenser. Être labellisé en développement durable reste une priorité pour notre environnement, mais l’écosystème touristique va désormais plus loin, comme en Nouvelle-Zélande, l’un des précurseurs en matière de tourisme régénératif. Le Québec, qui a déjà inscrit la notion de croissance responsable dans sa stratégie touristique, se trouve aujourd’hui à un tournant stratégique. L’enjeu n’est plus de « faire moins mal », mais de restaurer les milieux naturels, de revitaliser les villages riverains et d’impliquer les communautés autochtones dans une gouvernance partagée.
En 2026, le tourisme québécois est en position de devenir un cas d’école nord-américain : celui d’un territoire qui choisit d’améliorer sa santé écologique et sociale à travers l’accueil des visiteurs. Une question clé pour les hôteliers ne sera plus « sommes-nous durables ? », mais « en quoi notre présence améliore-t-elle réellement le territoire qui nous accueille ? ».
Slow tourism ou tourisme lent : l’essor des « détours » redessine la carte du Québec
Dans les salons internationaux, sur les réseaux sociaux et partout à travers le monde, la tendance se confirme : les voyageurs veulent ralentir. Voyager moins loin, rester plus longtemps, s’ancrer dans un territoire : le slow tourism redessine la carte touristique.
Notre province dispose d’un avantage structurel fort : le Bas-Saint-Laurent, la Côte-Nord, l’Outaouais, l’Abitibi, le Saguenay et Chaudière-Appalaches incarnent déjà cette promesse de lenteur et de profondeur, bien loin des réflexes de la checklist instagrammable.
Avec ses infrastructures en expansion, telles que train, traversier, micro-aventure, mobilité douce et hospitalité de proximité, le Québec dispose de tous les ingrédients pour devenir la grande destination slow de l’Amérique francophone. En 2026, le « détour » pourrait bien devenir la nouvelle norme. La performance touristique ne se mesurera plus seulement en volumes et en chiffres, mais en qualité d’ancrage territorial et en durée de séjour.
Bien-être 2.0 : le Québec en laboratoire du séjour régénératif
En 2026, le voyage "bien-être" change de dimension. Si les spas nordiques ont longtemps fait office d’emblème, la tendance du bien-être prend de l’ampleur dans l’univers du tourisme. Programmes de sommeil, retraites yoga ou anti-burnout, séjours de longévité, nutrition scientifique et santé mentale intégrée sont autant de réponses à des besoins spécifiques.
À titre d’exemple, la France a de l’avance sur le sujet, puisqu’elle a déjà fortement développé ce type de programmes, tels que les cures thermales, remboursées par la sécurité sociale depuis 1947. Véritable segment de cette industrie, le tourisme thermal, médical et bien-être y est largement répandu et populaire auprès des adeptes qui parcourent le pays pour se ressourcer en « cure ». Tendance à l’intérieur de la tendance, l’accompagnement pré et postnatal en stations thermales gagne du terrain.
Le Québec, déjà associé au réconfort hivernal et aux espaces naturels thérapeutiques, se positionne naturellement dans cette mouvance, d’autant plus que le congé de maternité au Québec est propice à consacrer ce temps de qualité pour maman. La question est désormais de savoir comment les hôtels indépendants peuvent s’allier à des experts (cliniciens, guides de plein air, nutritionnistes) pour créer des retraites de régénération qui dépassent le simple moment de détente. C’est là un secteur en maturation, que le Québec pourrait réinventer tout en faisant figure de pionnier. Le défi, pour les hôteliers qui s’ancrent dans cette voie, sera de sortir du bien-être générique pour construire des offres crédibles, en partenariat avec des professionnels locaux qualifiés.
De l’IA à tout prix au « service 100 % humain » : une contre-tendance en devenir
Alors que l’industrie hôtelière semble se laisser griser par l’intelligence artificielle, une tendance parallèle émerge discrètement : le retour anticipé et assumé au service humain. Qui l’IA sert-elle le mieux dans nos métiers, pour ceux qui l’intègrent déjà : les touristes ou les hôtes ? Question rhétorique, qu’il faut interpréter pour comprendre que l’intérêt de l’IA ne doit pas seulement être économique, mais avant tout qualitatif.
En 2026, la vraie révolution ne sera peut-être pas technologique, mais relationnelle : quel doit être le bon rôle de l’IA ? Quelles sont les limites de son utilisation… pour ce qui compte vraiment ? Le service profondément humain devient un facteur différenciant. À titre de comparaison, l’authenticité relationnelle pourrait devenir un argument aussi puissant que l’étaient les labels durables au début des années 2000.
Phygital immersif : quand l’hôtel devient scène, narration et spectacle
Le séjour hôtelier vit une petite révolution silencieuse en devenant un espace scénarisé. Les visites virtuelles influençant les réservations, certains précurseurs imaginent des hôtels aux décors mouvants, des expériences lumineuses ou sonores créant une signature sensorielle. Alors que cette tendance prend de l’ampleur à l’international, le Québec possède un avantage inattendu : un écosystème créatif de calibre mondial, du design aux arts numériques, emmené par des studios comme Moment Factory. Ces derniers ont d’ailleurs collaboré avec un hôtel souvent cité en exemple, le Grand Magic Hotel en France, qui utilise une mise en scène numérique complète pour transformer le séjour. Dans le Vieux-Montréal, le SonoLux, pensé avec l'accompagnement du consultant Daniel Gallant, a ouvert ses portes avec cette ambition de révolutionner le paysage hôtelier grâce à l’art contemporain.
L’enjeu de 2026 sera d’observer comment cette culture immersive peut se diffuser au-delà des grands projets, jusqu’aux auberges rurales, aux petites adresses de caractère et au tourisme local. Le phygital, plutôt qu’un simple gadget technologique, devient un véritable levier artistique d’expression identitaire.
Tourisme golfique : un levier de développement territorial encore sous-estimé
Le tourisme lié au golf connaît un regain d’intérêt à l’échelle internationale. Porté à la fois par la recherche d’expériences de plein air pendant et après la COVID-19, de séjours actifs et d’hébergements capables d’offrir un service intégré avec golf, le tourisme golfique a le vent en poupe, et le swing assuré.
Dans plusieurs régions du monde, les golf-resorts sont déjà de véritables pôles d’attractivité, combinant hébergement, gastronomie, bien-être et activités de nature. Le Québec possède un potentiel important, avec tous les arguments nécessaires à un séjour golf réussi : une offre variée, des paysages exceptionnels, des greens de qualité, un positionnement croissant sur les courts séjours actifs et des travaux d’amélioration de nos accès, notamment aériens. L’offre existe, pourtant elle reste fragmentée et en demande d’une structuration pour faire du Québec une véritable destination golfique de choix.
2026 marquera la transition d’une offre dispersée à un produit touristique structuré : parcours signature, hébergements de caractère et services adaptés aux clientèles locales, nord-américaines et européennes. À l’heure où les régions cherchent des moteurs économiques durables, le tourisme golfique représente l’un des vecteurs les plus prometteurs de la diversification touristique québécoise.
En conclusion, ces tendances ont un point commun : elles exigent moins de discours et plus de cohérence.
L’hôtellerie québécoise entre dans une phase de maturité stratégique et opérationnelle où chaque projet devra démontrer son utilité territoriale, sociale et humaine.
En 2026, les établissements qui tireront leur épingle du jeu ne seront pas ceux qui suivent les tendances, mais ceux qui sauront les traduire en modèles crédibles et durables.
Avec Emilie, Bonjour !, mes missions consistent à accompagner et structurer ces projets dans leur réalisation. Vous avez une ambition et souhaitez en discuter ? Contactez-moi pour une première rencontre gratuite.
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